Pendant notre séjour à Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande, nous avions prévu d’aller voir des éléphants d’Asie dans un parc naturel, afin de s’occuper d’eux et d’en apprendre plus sur cet animal sacré. C’était pour nous une étape incontournable de notre voyage dans la mesure où l’on sait l’animal en voie de disparition, en particulier en raison de maltraitances. Je souhaitais en parler dans un article spécifique pour partager cette expérience mais aussi dans une démarche éducative et de sensibilisation, j’ai appris beaucoup de choses lors de cette journée et je trouvais important d’en parler ici.

Animal sacré et symbolique en Thaïlande, il représente les trois principales institutions : la religion, la nation et le roi. Ils sont aussi symbole de la force et incarne la prospérité de la société thaïlandaise. Autrefois, plus un roi possédait d’éléphants, plus il était puissant et préparé au combat. Traditionnellement, les éléphants d’Asie sont utilisés comme moyen de transport et sont formés à travailler dès leur plus jeune age, encore aujourd’hui, des centaines d’animaux travaillent et effectuent des taches physiques exigeantes, dans les mines au Nord de la Thaïlande et en Birmanie par exemple. Ils vivent aujourd’hui dans une zone beaucoup plus restreinte qu’auparavant, c’est-à-dire du Pakistan jusqu’au nord de la Chine. On les trouve maintenant principalement entre la Birmanie et le Nord de l’Indonésie. La population actuelle d’éléphants d’Asie est aujourd’hui estimée à moins de 30 000 éléphants. Pour se donner une idée, c’est la capacité d’un petit stade.
Plus récemment, la principale cause de maltraitance des éléphants est le tourisme car ils constituent en effet une activité très attractive, on peut trouver des dizaines d’agences touristiques qui proposent des tours à dos d’éléphants. Ces entreprises et organismes qui les font travailler sont généralement très durs avec eux, ils ont peu de repos, ne mangent pas à leur faim et sont souvent blessés et malades sans aucuns soins par la suite pour les guérir. On peut encore voir de jeunes éléphants dans les rues de Chiang Mai ou de Bangkok, leurs maîtres les baladent pour faire payer des photos avec des touristes. Les animaux s’y sentent très mal, particulièrement stressés et apeurés par l’agitation de la ville. En effet, si l’éléphant ne voit pas très bien, il a une très bonne ouïe et tout ce bruit ne peut que l’effrayer.

Le parc où nous sommes allés, Elephant Nature Park, se situe à environ 1h30 de route au nord de Chiang Mai. Nous n’étions qu’un petit groupe d’une dizaine de personnes pour s’occuper des éléphants. Le but de ce parc est de recueillir, en les achetant, des éléphants malades, blessés et maltraités afin qu’ils aient une plus belle vie et à terme, qu’ils puisse retourner à la vie sauvage sans avoir besoin de l’homme, ce qui peut prendre beaucoup de temps. Les gérants du parc espèrent pouvoir un jour l’agrandir afin d’accueillir toujours plus d’animaux et de protéger une plus grande partie de la faune et la flore de la région.
Ils agissent aussi pour la préservation de l’espèce en laissant les animaux donner naissance, ce qui est rarement le cas lorsque les éléphants travaillent, en particulier en raison du long temps de gestation, 2 ans. La mère ne pourrait plus travailler lorsqu’elle serait enceinte et les soins pour un bébé éléphant séparé de sa mère peuvent coûter très cher. Cette démarche contribue évidemment à la disparition de l’espèce. Les associations comme celle que nous sommes allés voir font de leur mieux pour inverser la tendance, mais pour le moment, le nombre de naissances reste très insuffisant.

Nous avons commencé par les nourrir. Un éléphant a besoin de manger 10% de son poids par jour, il mange donc globalement toute la journée ! Nous leur avons donné du mais, de la canne à sucre et des fruits, mais ils peuvent manger de toutes sortes de végétaux.

Puis nous avons été nous balader, c’est important pour qu’il puisse retourner à l’état naturel, qu’ils trouvent eux même à manger et qu’ils se sentent à l’aise dans cet environnement. Ils sont aussi très important pour les écosystèmes. Etant végétariens, ils mangent toutes les plantes et arbres qu’ils trouvent et détruisent tout sur leur passage, ce qui participe au renouvellement des sols et à la diversification des variétés de plantes. Dans certaines régions, on fabrique même du papier avec leurs excréments.

Ensuite, ils ont été prendre un bain de boue… aussi avec nous ! Ils adorent jouer dans la boue, qui leur sert aussi de crème solaire et protège leur peau. Il a fallut ensuite aller se laver, dans l’eau de la rivière.
