Dernière étape de notre petit voyage dans le Chugokû : Hiroshima ! Nous avions hâte de visiter celle ville tristement connue pour les événements tragiques d’août 1945, afin de nous rendre compte de l’impact qu’ils avaient eu, mais aussi pour voir comment la ville s’était reconstruite et vivait aujourd’hui. Hiroshima fut très agréable à découvrir, notamment grâce à sa proximité avec la mer, elle a en effet été construite sur le delta du fleuve Ôta gawa, et ses nombreux parcs, le plus important étant le parc de la Paix, construit sur les lieux de l’impact de la bombe nucléaire, qui lui donne un aspect finalement très paisible.
C’est au château Hiroshima-jô que nous nous sommes plongés dans l’histoire de la ville bien avant les événements de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, ce château édifié en 1589 pour le seigneur Môri Terumoto, abrite un musée d’histoire de la région. Il a en réalité été complètement détruit par l’explosion atomique et reconstruit en 1958, dans le parc d’origine, le Chûô kôen. Surnommé le « château de la Carpe », il symbolise aujourd’hui ce qu’il reste de l’ancienne ville d’Hiroshima, et fait partie des cent plus beaux châteaux du Japon. Le musée à l’intérieur nous replonge dans le monde des samouraïs et des shoguns de l’ancien temps et offre, au dernier étage, un magnifique observatoire sur la ville.

Le fameux parc de la Paix se situe non loin de là. Véritable poumon vert de la ville, il fut créé au centre de l’impact de la bombe nucléaire, à la place d’un quartier entièrement détruit, celui des artisans et acteurs de théâtre traditionnel japonais. Reconstruire un parc à cet endroit fut lourd de sens, d’autant qu’on y créa plusieurs lieux de mémoire en lien avec les événements de 1945.

On y trouve un mémorial pour les victimes, un grand bâtiment rond dont les murs intérieurs offrent un panorama des anciens quartiers d’Hiroshima. Les piliers représentent le lien entre le moment de l’explosion de la bombe et le temps présent. Au centre, se trouve un fontaine en forme d’horloge qui indique 8h15, heure de l’explosion de la bombe le 6 août 1945. L’eau qui coule dans la fontaine est symboliquement offerte aux nombreuses victimes qui, après l’explosion, sont mortes de soif.

Nous avons ensuite visité le musée pour paix. Vidéos, photos et maquettes explique l’histoire de la ville et les événements de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le développement de la bombe nucléaire. On peut aussi y voir des objets transformés par l’explosion, dont une montre arrêtée à 8h15. Des vidéos de survivants sont diffusés afin de faire partager leurs témoignages montrent leur combat pour la paix, contre les armes nucléaires et les violences de la guerre.

On peut ensuite voir d’autres petits monuments, comme un mémorial pour les enfants d’Hiroshima, un cloche de la paix, ainsi qu’un cénotaphe devant lequel se trouve une flamme datant de l’explosion et qui sera éteinte lors du démantèlement de la dernière arme nucléaire au monde, joli symbole.
Plus loin, on peut voir le seul monument en ruine laissé en l’état après la bombe, le dôme, ancien palais du Développement industriel. Il a été conservé, tel quel, comme témoignage pour les générations futures.

Nous sommes ensuite allés nous promener dans la ville, les rues commerçantes sont nombreuses, et nous avons pu goûter à quelques petites douceurs comme des châtaignes grillés ou encore des mochi, spécialités japonais à base de riz gluant agrémenté de sésame ou de pâte de haricot rouge par exemple. Nous avons aussi remarqué que l’équipe de baseball locale, les Carps, est très populaire et que l’on peut acheter toutes sortes de choses à son effigie !

Le soir, nous avons mangé dans un restaurant d’okonomiyaki, spécialité locale, composé de plusieurs ingrédients au choix, souvent de la viande porc et des légumes, avec une pâte faite de choux et d’œuf. On mélange bien le tout et on en fait des portions que l’on cuit sur une plaque chauffante, et on arrose de sauce soja. Il y a plusieurs variantes, végétarienne ou aux crevettes par exemple, et c’est excellent ! Dans la version d’Hiroshima, on ajoute une couche de pâtes, udon ou soba.
